Claudie Ebel

L’artiste émarge d’un parcours riche, multiple et plurivalent.

Elle a d’abord exercé des responsabilités diverses dans l’Education, auprès des enfants, en tant que professeur d’école et éducatrice, d’authentiques formations et diplômes ayant émaillé et crédité cette première carrière…

C’est néanmoins à l’émergence des années 2005-2010 que son virage vers l’Art s’est pleinement amorcé, voire même régulièrement enrichi.

Dès 2013, elle effectue une formation qualifiante « d’illustrateurs (trices) de livres d’enfants » et à la suite d’une licence dans ce domaine homologuer un master d’Arts Plastiques-Recherche à l’Université de Rennes.

Mais une suite heureuse, logique, va en découler. En appoint de cette certification, elle se lance dans une véritable complémentarité d’activités artistiques diverses telles que : la céramique (Raku), la sculpture, les « livres d’artistes »… De par ces derniers, elle élargit à nouveau son univers et ses interventions (dans les médiathèques par exemple) se façonnant une culture toujours plus pointue… elle focalise sur « le conte » et répond toujours « présente » à une foultitude d’évènements porteurs et promoteurs d’une culture « élargie ».

Claudie affirme se préoccuper de « l’état de l’humain » contemporain, déclarant aussi que sa fascination pour le portrait en est un signe prégnant et majeur à ses yeux.

Elle tend à « quêter », « scruter » une singularité humaine univoque et durable, même lorsqu’elle se confronte et s’oppose à une multiplicité de représentations polymorphes ou ambivalentes.

Face au temps qui se délite, aux vécus divers et à cette époque spécifique qui est la nôtre, Claudie parle d’étapes nécessaires de déconstruction puis de fragmentation… La nouvelle « accumulation » qui en découle serait-elle alors promesse de reconstruction ? ?

Il ne s’agit pas ici de réponse tangible, mais d’une démarche qui s’apparente à un nouveau voyage et qu’elle nomme « visage en mutation ».

On ne peut être, en effet, qu’interpellé par l’expressivité « outrée » et inquiète des visages de femmes qu’elle peint en miroir avec d’autres toiles sur lesquelles sont amoncelés stigmates, portions de visages, papiers froissés comme autant de brisures…

Sont-ce des clichés subliminaux des écarts de l’homme ?

Pointe alors, l’intangible questionnement expressionniste : Survit-on à la déstructuration ? Où se trouvent nos potentialités reconstructives ?

Claudie passe du « Noir ou Blanc » ou « Chromatique », pose un jalon, laisse flotter son dilemme dubitatif et nous entraîne alors, à nous pencher sur les échos contradictoires de nos propres vies.