Han, peintre

DU PÉRIPLE À L'ERRANCE - HanLa démarche artistique de Han :

Des années de travail pour essayer de dégager des signes qui viendraient éclairer, ne serait ce qu'un instant, cette petite partie d'univers qu'est un artiste. Je n'ai pas choisi d'être peintre, c'est quelque chose qui nous habite, c'est un état qui s'installe et devient permanent. On part de la réalité, de ce qu'on voit, perçoit, juste le temps de photographier, d'engranger des images pour ensuite les transformer, leur donner une autre dimension.

C'est marcher dans les rues, regarder la vie et modifier sa vision, l'imagination est plus forte que moi, les choses qui l'ont frappée s'arrangent entre elles et se mettent à vivre sur la toile car, au delà des apparences, il y a des espaces infinis où naissent les histoires que vous racontera votre
imaginaire. C'est ainsi qu'on tente de dégager une quelconque émotion sous sa touche personnelle, en toute humilité .Quelquefois assombrie par le vide, l'étendue est durement noircie, une tension fabuleuse et vive s'instaure en énergie tragique, en force implacable, en instabilité fragile car la vie n'est pas un long fleuve tranquille et c'est ainsi qu'elle passe, j'en sais quelque chose. D'un pas à l'autre, parcourant d'autres contrées, d'autres espaces...sur les traces de la rencontre avec l'être intérieur qui appelle parfois derrière les murs de la solitude... je parle des ces instants hésitants, de ces moments de doutes, pour donner parfois un sens à notre passage sur terre, pour dire que les certitudes naissent d'implacables doutes.

Entre un certain besoin d'un équilibre de soi et d'une liberté absolue, on ressent ce besoin de chercher derrière l'apparent, derrière ce qui s'impose comme loi. Donner une direction, un rythme, à quelque chose qui ressemble à une quête de l'authenticité et la peinture nous y amène, afin de remettre en ordre ses émotions, d'organiser ses obsessions, d'ordonner le chaos de ses vertiges et du vide. On trace sa route comme on cherche le soleil, en clignant des yeux. Que cherchons nous d'autre que d'imprimer sur la toile des instants profonds ?

Je cherche entre douceur et puissance, calme et tempête, une peinture puissante, la couleur impose sa loi, le temps semble suspendu, en attente, comme une écriture qui prendrait le temps d'apprivoiser la plume avant d'accepter de glisser sur la page blanche. Tout est à écrire, il faut trouver le chemin, celui que l'on cherche à travers sa palette. Traversant des éclairs d'intime lumière et des accents de sombre automne, l'art est une immense falaise où se brisent les vagues du temps et derrière elles, passeur d'éternité, l'artiste s'efface. Emplies d'énergie vitale, les oeuvres protègent, elles ont absorbé la durée, elles veillent dans le silence.