Sand’Art

 

Professeur d’arts plastiques, je pratique la peinture et le dessin depuis une vingtaine d’années. J’utilise le vecteur de la peinture pour figer ma vie intérieure sur un support, passant de l’état éphémère et immatériel à une forme matérielle et durable.

Sans croquis préalable, je ne sais pas par avance ce que le dessin va devenir. Je laisse ma pensée circuler dans l’espace de la toile sous forme de lignes. Elles deviennent souvent figuratives et laissent apparaître des figures humaines, végétales et animales. Tout ceci compose un univers mêlé, hybride et fantasmagorique.

Je transcris une sorte d’instantané de mon esprit fait de réalités et de fictions.

Je peins sur des toiles qui correspondent à des cases de mon esprit.

C’est une peinture spontanée qui se livre avec rapidité, emprunt au langage automatique des Surréalistes.

Ces cases représentent un instantané de mon inconscient.

Je peins mes démons intérieurs qui deviennent « images », emprisonnés, piégés dans ce cadre.

Pour autant, il ne s’agit pas d’une peinture sombre, mais plutôt d’une peinture d’une apparente légèreté grâce à ses couleurs vives, ses formes dynamiques et joyeuses.

Ces monstres aux bouches dotées de dents acérées, d’où jaillissent des flammes et parfois des cris sous forme d’onomatopées, paraissent assez inoffensifs finalement.

Les corps sont morcelés, tordus, incomplets ou au contraire greffés de multiples membres supplémentaires. Souvent, plusieurs visages ou corps s’imbriquent.

L’humain se greffe à l’animal ou au végétal, dans une hybridation teintée d’humour. Certains motifs peuvent paraître symboliques, comme des larmes ou des gouttes de sang. La relative violence de l’histoire s’altère par le choix des couleurs, ainsi que par les arabesques des lignes qui apportent une douceur à l’ensemble.

L’histoire s’apparente alors à une fable ou une joyeuse blague.

Les tableaux de SandraPhin, Sand'Art, était présentés

dans la boutique Boucles d'Art et Velours, Place de la Mairie.

Notre regard circule dans la toile comme à l’intérieur d’un rêve. La réalité est distendue et s’entrechoque avec d’autres éléments fictionnels.

Tous ces tableaux peuvent se regarder séparément ou ensemble, ils se complètent et s’unissent pour former la carte d’un vaste paysage intérieur.

Mon inconscient individuel se mêle à l’inconscient collectif et le spectateur peut alors s’identifier à ses propres peurs ou angoisses.

Il doit accepter de se laisser immerger dans un monde différent, sans chercher un sens logique à ce joyeux chaos effervescent.